© Laurent Philippe

Dans FÁE, Efthimios Moschopoulos réveille l’animal en lui

L’artiste grec, vu notamment comme interprète dans Shiraz d’Armin Hokmi, revient au festival Montpellier Danse pour la première française de sa propre création, dans laquelle il convoque la ruralité de son enfance. Une performance organique qui mêle rapport à la nature, à la nourriture et à l'identité.
1 juillet 2026
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Assis de dos sur une botte de paille, Efthimios Moschopoulos croque dans un fruit alors que le public tarde à prendre place. Le son de ses dents qui déchirent la chair du fruit est amplifié par un micro et diffusé dans les enceintes. Dans FÁE (« Mange »), il sera question de ce rapport à la nourriture et de ce qu’il implique de lecture sociale et familiale. Et pour cause, le danseur et chorégraphe grec a nourri ce solo de souvenirs d’enfance. Dans cette pièce, il reconvoque tout ce qui l’a construit, en tant qu’homme et en tant qu’artiste. En invitant au plateau la ruralité de sa jeunesse, il y développe une écriture animale qui se déploie avant tout pour elle-même.

L’après-midi d’un faune

Le corps replié ou les membres tendus, les postures d’Efthimios Moschopoulos n’ont en effet rien de bien humain, ou pas tout à fait. À la manière d’un faune, l’artiste apprivoise l’espace telle une créature sauvage, mi-homme mi-bête. Autour de lui, la scénographie de Theo Triantafyllidis dissémine bottes de paille, cloches de bétail ou fruits et légumes comme des symboles particulièrement lisibles. Des décors et accessoires avec lesquels l’interprète compose ses images et jusqu’à une partie l’univers sonore de son spectacle. En fond de scène, une grande bâche trouée fait office d’écran et accueille, par intermittence, la vidéo d’un buffet nature laissé en pâture à un troupeau de moutons.

Tous ces éléments rassemblés, le chorégraphe peine à tisser un fil solide entre eux. Le rapport sensible qu’il entretient avec ses souvenirs, comme avec cet espace reconstitué, reste assez hermétique. Toutefois, quelques pistes de recherche, notamment sur le corps et ses mouvements, donnent l’aperçu d’un travail à première vue fascinant, que cette performance ne permet malheureusement pas d’aborder pleinement. Efthimios Moschopoulos a une indéniable prestance au plateau, nul doute qu’il parviendra à la transformer en un matériau chorégraphique plus affirmé.


FÁE d’Efthimios Moschopoulos
Premières françaises
Hangar Théâtre dans le cadre de
Montpellier Danse
Du 30 juin au 1er juillet 2026
Durée 50mn

Chorégraphie, interprétation, conception – Efthimios Moschopoulos 
Scénographie de Theo Triantafyllidis  assisté de Fabien Neisius 
Création sonore & composition musicale d’Yakovlev 
Création lumière de Nysos Vasilopoulos 
Costumes de Taskin Goec 
Conseiller créatif – Kostas Stasinopoulos 
Contribution dramaturgique – Steriani Tsintziloni 
Collaboratrice artistique – Xenia Koghilaki 
Collaborateur artistique pour le son – Jeph Vanger 
Flûte – Evi Nakou 

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