Richard, jeune historien de l’art français chaud comme la braise, débarque dans les fjords norvégiens pour authentifier une toile découverte lors de travaux. Elle serait de Ravn Nygård, peintre du début du XXe siècle inventé par Lilian Auzas, dont la vie a basculé avec la mystérieuse disparition de sa fille Annegret, neuf ans. Pour l’accueillir, Bjørn, professeur de français, marié et père de deux enfants. Un « ours » musclé, moulé dans des tenues qui ne cachent pas grand-chose de son anatomie. Richard était venu pour un tableau. Son regard se pose vite ailleurs et ses fantasmes galopent.

Lilian Auzas maîtrise parfaitement l’art de faire saliver le lecteur en alliant habilement l’enquête artistique et la montée du désir. Une légende scandinave, une enfant disparue, suivi d’autres, un peintre oublié et une toile dont il faut percer le secret. Tout est inventé, mais suffisamment documenté pour semer le doute. L’auteur connaît l’histoire de l’art, ses techniques et ses querelles d’attribution. Nygård finit sous sa plume par exister.
Désirs sans entraves
Et puis il y a le sexe. Beaucoup. Cru, charnel, joyeux, très hot. Les hommes se regardent, se jaugent, se désirent, baisent. Lilian Auzas ne s’interdit presque rien. Nous sommes en 1976. Le sida n’a pas encore bouleversé les corps et les pratiques. Richard et Bjørn vivent leur désir en toute liberté sans se soucier des risques qui pèsent aujourd’hui sur les rapports sexuels
Nordick joue de ce grand écart entre érudition et cul. Auzas passe d’une touche de pinceau à la chaleur d’un corps, d’une légende à une étreinte. Sa langue suit, précise sur l’art, franchement physique quand les vêtements tombent. Le sexe déborde et fait s’envoler l’imaginaire. L’enquête avance, les corps se rapprochent. Pour le reste, Lilian Auzas se charge de faire perdre le Nord à ses lecteurs.

