Pilule Rouge - Maëlle Mays © Yannick Blancard
© Yannick Blancard

Pilule rouge : À consommer sans aucune modération

Empruntant les codes du stand-up et des spectacles d’humour, la comédienne Maëlle Mays a conçu un spectacle réjouissant et original autour de la figure paternelle, du patriarcat, de la féminité, de la construction et du développement personnel.
21 avril 2026
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Partant du constat que ses fameuses Leçons impertinentes étaient soit « des conférences gesticulées » ou des « stand-up trop longs », Maëlle Mays a décidé, très habilement, de passer le cap du spectacle d’humour. Pilule Rouge est donc « un stand-up option dramaturgie », c’est-à-dire, un seul-en-scène théâtralement drolatique.

Un sacré personnage

L’artiste le sait, un bon one-woman-show doit démarrer sur les chapeaux de roues, dans une dynamique pêchue. À la manière d’une Florence Foresti, il faut une démarche chaloupée et un phrasé mitraillette. Il faut aussi un style. Avec sa coiffure improbable, une longue tresse rabattue sur le côté entourée d’une chevelure en bataille, longue jupe fendue, tee-shirt très court, une paire de tennis blanches aux pieds, elle sort tout droit des années 1990. C’est par l’évocation de cette décennie, qu’elle démarre son show.

De la bonne humeur pour aborder les choses qui fâchent
Pilule Rouge - Maëlle Mays © Théo Combi-lemaitre
© Théo Combi-lemaitre

Comme ses prédécesseurs (Claudia Tagbo, Vincent Dedienne, Eva Rami, Camille Chamoux, Constance…), la comédienne a puisé dans ses souvenirs d’enfance la matière première de son récit. Celui d’une fille de professeurs, vivant dans une banlieue proprette, élevée dans la tradition de la laïcité, d’une certaine liberté… Le personnage central est la figure paternelle, ce « chevalier invincible ». S’il en impose par sa fantaisie, il est surtout un « bloc de béton », enraciné dans sa vision du monde. Cette « petite princesse », biberonnée aux dessins animés de Disney, fan de Matrix, va alors traverser bien des épreuves pour s’épanouir et devenir une guerrière prête à affronter le monde.

Pas de temps mort

Maëlle Mays a judicieusement mêlé des faits autobiographiques avec des histoires fictionnelles. Elle trace un excellent portrait d’une jeune femme entre la fin du XXe et ce début du XXIe siècle. La société moderne s’est connectée à grande vitesse. Des formes de pensées archaïques ont été remises en question. Accompagnée par la mise en scène très rythmée de Théo Comby-Lemaitre, usant sans en abuser de blagues, de l’adresse directe au public ou de jeux de mots, la comédienne se glisse avec une grande aisance dans cet exercice du one-woman-show.

Beaucoup d’esprit

L’humour, Maëlle Mays l’a toujours distillé dans des conférences-spectacles déjantés sur ce qui constitue et dérègle notre société. Pilule Rouge est une suite logique à son travail. Les rires fusent. Les réflexions font mouche. Douée d’un sacré charisme, l’artiste peut se confronter sans soucis à ces grandes dames, comme Zouc et Sylvie Jolie, qui un jour se sont levées sur scène pour montrer que l’humour n’était pas que masculin. Bravo.


Pilule Rouge, de et par Maëlle Mays
Le Local des autrices – Paris
Du 16 au 26 avril 2026
Durée 1h20.

Tournée
02 mai 2026 à Villeneuvette (34)
27-28 juin 2026 à Sotteville-lès-Rouen (76)
16 juillet 2026 à Bagnères-de-Luchon (31)
30 juillet 2026 à Guillestre (05)
07-08 août 2026 à Vaour (81)
26-27 août 2026 à Quimperlé (29)
29 août 2
026 à Herbeys (38).

Mise en scène Théo Comby-Lemaitre
Assistante à la mise en scène Alice Parrot-Labis
Aide à l’écriture Vladimir Fricero.

© Maëlle Mays

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