En 2015, dans son troisième spectacle intitulé Partouze sentimentale, Constance s’interrogeait, à travers une galerie de portraits de femmes, sur la gestion des sentiments. Déjà pointait la faille, puisqu’elle y évoquait un doute qui l’assaillait : était-elle juste bizarre ou folle ? En 2021, l’artiste tombe et entrevoit l’inconstance d’être Constance.
La jeune femme commence par ce trou de mémoire survenu un soir de représentation qui la fait tomber dans les méandres de la dépression. Pensant s’en être sortie, elle replonge dans ce gouffre et se retrouve à l’asile psychiatrique où l’on va soigner sa bipolarité. Ce travail d’introspection est surprenant, parce qu’il est conçu comme un spectacle d’humour avec sa suite de sketches. Mais plus question de se cacher derrière des personnages. Même s’ils sont nombreux, comme les amies, les soignants, les psys, les autres patients et leurs pathologies, Constance Pittard (son patronyme) demeure le fil rouge. Et si, grâce aux traitements, la femme a pu s’en sortir et délivre son message d’espoir, l’artiste doit beaucoup à cet esprit facétieux qui squatte son cerveau.
Le texte, coécrit avec Pascal Duclermortier, est remarquable. Les pointes d’humour sont présentes, mais elles sont traitées comme des respirations. Son hommage discret à la grande humoriste Zouc est de toute beauté. Mise en scène adroitement par Éric Chantelauze, ne cherchant pas à attraper le rire du public, la comédienne, toujours sincère, dévoile sa belle palette de jeu. Chapeau bas, Madame !
Inconstance, spectacle de Constance
Théâtre des Mathurins – Paris
Du 25 octobre au 7 décembre 2025
Durée 1h10.
Texte de Constance et Pascal Duclermortier
Mise en scène d’Éric Chantelauze
Lumières de Gaël Cimma
Scénographie de Seymour Laval
Costumes de Julia Allègre
Musique de Romain Trouillet.