Lorsque Guillaume Marquet avait créé en 2019 ce spectacle, intitulé alors Les gens m’appellent…, il avait vu les choses en grand, s’entourant de musiciens. Mais cela créait un déséquilibre. En retravaillant son œuvre, il a recentré le propos sur le récit, devenu un seul-en-scène au titre plus révélateur : Je ne suis pas Johnny. Le spectacle y a gagné en précision et en émotion.
Un spectacle poétique, musicale et burlesque
Deux idées géniales forment le cœur du spectacle. La première : l’idole des jeunes n’apparaît jamais. La seconde : le récit s’appuie sur le fameux concert du 4 septembre 1998 au Stade de France, annulé à cause de pluies diluviennes. Guillaume Marquet tisse alors deux récits croisés — celui, très touchant, du fan effondré, et celui du producteur Jean-Claude Camus, totalement dépassé par la tournure des événements.
En parallèle, il joue avec le temps, convoquant Sylvie Vartan, Nathalie Baye, Maurice Chevalier… Il dresse ainsi le portrait d’un jeune homme fragile, Jean-Philippe Smet, qui s’est perdu en devenant le grand Johnny. Passant d’un personnage à l’autre sans jamais tomber dans la caricature, utilisant pour tout accessoire quelques barrières de protection, Guillaume Marquet tient son récit de main de maître. Comédien et chanteur remarquable, il évite toute imitation. Son évocation du fantôme de Maurice Chevalier atteint une grande poésie. Comme le disait Léo Ferré : « Il n’y a pas d’idoles. Non. L’idolâtrie est littéraire ou imbécile. Il n’y a que des hommes, et encore… Il y a la vie, et puis la mort. C’est tout. » Et c’est précisément ce que raconte Guillaume Marquet.
Je ne suis pas Johnny, de Guillaume Marquet
Théâtre La Flèche
Du 10 octobre 2025 au 12 mars 2026.
Durée 1h15.
Mise en scène Guillaume Marquet et Nathalie Sandoz
Avec Guillaume Marquet
Lumières Pascal Di Mito
Musique Yannick Donet.