Avril 1974, des militaires portugais, fatigués des guerres coloniales menées en Afrique, organisent un coup d’État contre le gouvernement salazariste. Une femme, Céleste Caiero offre des œillets rouges et blancs aux soldats des blindés. C’est ainsi que, la fleur au fusil, ils ont ouvert la voie à la démocratie.
« À ceux qui ne croient plus voir s’accomplir leur idéal,
dis-leur qu’un œillet rouge a fleuri au Portugal » (Moustaki)
Lionel Cecilio, petit-fils d’immigré portugais, connaît bien ce silence qui souvent accompagne les histoires d’exils. Il s’est inventé un double, un gamin qui interroge sa grand-mère, Céleste. Pour répondre à ses nombreuses questions, elle plonge dans ses souvenirs. Elle raconte alors sa jeunesse muselée par la dictature de Salazar, évoque son frère Chico, son amoureux Zé, enrôlé de force à l’armée. La vieille femme faire revivre tout un pan de l’histoire du Portugal. Ce soulèvement printanier qui fit souffler un grand vent d’espoir sur les peuples opprimés.
Révélé en 2016 par son premier spectacle, Voyage dans les mémoires d’un fou, le comédien est tout à son aise dans l’exercice du seul-en-scène. Incarnant tous les personnages, il déroule son passionnant et vibrant récit. Mêlant fiction et faits historiques, il rend hommage à ces hommes et à ces femmes, habités par une folle envie de vivre libre et d’aimer. Bravo.
La fleur au fusil, texte et interprétation Lionel Cecilio
Comédie Bastille – Paris
Jusqu’au 29 juin 2026.
Durée 1h10.
Théâtre de La Huchette
Du 11 septembre au 18 novembre 2026.
Mise en scène Jean-Philippe Daguerre
Lumières de Moïse Hill.