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DAINAS : Le tendre portrait de Dimitri Doré par Jonathan Capdevielle

À l’Arsenic, centre d’art scénique contemporain de Lausanne, le metteur en scène retrouve l’un de ses acteurs fétiches, auquel il consacre sa dernière création, à l’occasion d’une quête d’identité tendre et poétique.
27 septembre 2025
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C’est peut-être l’histoire d’un jeune homme en quête de ses origines. Ou bien c’est le récit d’un garçon devenu grand et dont les yeux sont désormais rivés sur l’avenir et sur les possibilités qu’il lui ouvrira. Une chose est sûre, DAINAS (pron. Daïnas) dresse le portrait – entre fantasme et réalité – de Dimitri Doré. Pour sa nouvelle collaboration avec Jonathan Capdevielle, l’interprète (vibrant Scipion dans Caligula) se penche en effet sur sa propre légende. Celle d’un enfant d’origine lettonne, adopté par une famille française, tentant de se forger une identité entre son passé et son présent.

Une cabane à rêver
© Grégory Batardon

En guise de scénographie, Jonathan Capdevielle et son équipe convoquent des références enfantines. Le plateau, traversé de fils auxquels sont suspendus des draps blancs de toutes tailles, rappelle sans effort ces cabanes de bric et de broc façonnées avec l’imagination des plus jeunes. Des peluches peuplent d’ailleurs l’espace ici et là, et les costumes de Dimitri Doré, signés Coline Galeazzi, semblent tout droit sortis d’une malle merveilleuse oubliée dans un grenier. C’est à partir de cette atmosphère empreinte de nostalgie que va se développer cet autoportrait.

Ce qui est passionnant avec les pans de tissus blancs, c’est que derrière leur simplicité se cache tout un potentiel de rêve et de liberté. En plus de redessiner la perspective du plateau, ils permettent ici de multiplier les moyens d’expression. Ainsi deviennent-ils tour à tour paravents, rideaux de scène ou écrans de projection, comme autant de réceptacles aux désirs et souvenirs de Dimitri. De la sorte, DAINAS (pron. Daïnas) semble se structurer comme une invitation à visiter l’espace mental du jeune acteur.

La bonne voix

Après tout, hormis les ombres qui hantent parfois la scène à ses côtés, il est seul à pouvoir transmettre son récit, quel que soit le nombre de voix à travers lesquelles il passe. Dans cette création, Dimitri Doré fait en effet montre d’un incomparable talent d’interprétation. Du français au letton, d’un personnage à l’autre, il sculpte sa voix avec un naturel épatant, jusqu’à produire des dialogues aussi justes que fluides. Là ne réside pas son unique prédisposition, d’autant que ses aspirations sont aussi multiples que sa soif de les assouvir.

La poésie des dainas
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C’est peut-être aussi à cela que doit mener cette pièce : à la tentative et au possible. Dans sa forme relativement abstraite au rythme indécis, Jonathan Capdevielle se saisit de l’occasion pour proposer une ode à la poésie. En rapprochant son texte des origines lettones de son interprète, il s’alimente d’une tradition ancestrale : les dainas. Ces poèmes, précieusement conservés, sont considérés comme un véritable patrimoine culturel. Or c’est précisément à travers cet héritage littéraire que Dimitri Doré entrouvre une porte vers un passé qu’il n’a jamais connu.

C’est finalement à mi-chemin de ce voyage qu’il se retrouve, là, à partager son parcours en public. Il n’y est même pas question de ce qui est véridique et de ce qui a été inventé ou altéré pour le bien de la dramaturgie. C’est par-dessus tout l’histoire, pleine de douceur et de tendresse, d’un jeune homme qui se bâtit une identité sociale, politique, artistique et donc humaine.


DAINAS (pron. Daïnas) de Jonathan Capdevielle et Dimitri Doré
Création à l’
Arsenic – Lausanne
Du 24 au 28 septembre 2025
Durée 1h15.

Tournée
Du 6 au 17 novembre 2025 au
T2G Théâtre de Gennevilliers
Du 21 au 24 janvier 2026 à la Maison Saint-Gervais (Genève)
Les 29 et 30 avril 2026 au
Grrranit Scène Nationale – Belfort

Mise en scène de Jonathan Capdevielle assisté de Jade Maignan
Avec Dimitri Doré.
Stage mise en scène – Juan Bescos.
Musique originale de Jennifer Eliz Hutt.
Création sonore: de Vanessa Court.
Lumière de Bruno Faucher assisté d’Alexy Carruba.
Costumes de Coline Galeazzi.
Dispositif scénographique – Jonathan Capdevielle, Dimitri Doré, Bruno Faucher, Jérôme Masson.
Régie générale – Jérôme Masson & Léa Bonhomme.
Coach Cerceau aérien – Elodie Lobjois.
Traduction letton — Rūta Liepiņa.
Coach letton – Baiba Troscenko.
Construction cadres métalliques- Théo Jouffroy.
Reproduction tableau Monet – Yannick Doré.
Film Super 8: – 979 Un jour de la semaine pour un couple
Réalisation – Yannick Doré. Avec Dominique Doré et Yannick Doré.

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