Gabor Rassov est un grand auteur, en tout cas par la taille c’est indiscutable. De sa plume, souvent trempée dans une encre absurde et loufoque, il a signé des œuvres surprenantes. De son association avec le metteur en scène Pierre Pradinas sont nés Néron, Jacques et Mylène, Fantômas revient, Les amis du placard et Mélodrame(s). Il travaille également pour les 26 000 couverts (Chamonix). Dernièrement, il a signé avec Anne Charrier une très belle adaptation du roman de Nicolas Mathieu, Rose Royal. Aujourd’hui, recherchant à la fois l’argent et la gloire, il a décidé d’écrire une pièce de théâtre, l’œuvre parfaite, qui lui permettrait de prendre sa retraite.
Une belle mise à nu (enfin presque !)
Mais qu’est-ce qu’une œuvre parfaite ? Elle doit par sa teneur surpasser les chefs-d’œuvre existant déjà, aborder tout ce qui fait l’humanité et l’être humain. Cela demande beaucoup de monde, des décors, des costumes, et surtout cela risque de faire un spectacle très long. Alors après réflexion, ce sera un seul-en-scène qui ne dépassera pas les cinquante minutes. Une heure, grand maximum. Et il y arrive.
David Mandineau incarne brillamment cet auteur à l’ambition démesurée, lui insufflant une humanité désarmante qui rend ses propos désopilants. S’emparant de l’espace scénique dans un jeu remarquable, déroulant et dénouant les nœuds de cette pensée sinueuse, le comédien nous entraîne dans cet univers poétique et burlesque. Pour accompagner les mots et rythmer les silences, Gabor Rassov a eu l’excellente idée d’y adjoindre la musique. Celle-ci est jouée en direct à la batterie par le percussionniste Erick Borelva. Ce spectacle atypique fait un bien fou.
Recherchant à la fois l’argent et la gloire, texte et mise en scène de Gabor Rassov.
Studio Hébertot – Paris
Du 13 décembre 2025 au 11 janvier 2026.
Durée 1h.
Avec David Mandineau et Erick Borelva
Création lumières d’Orazio Trotta.