Depuis quelque temps, le genre théâtral s’inspirant des codes des séries policières est en vogue. On songe, entre bien d’autres, à Denali de Nicolas Le Bricquir, aux Aveux de la Cie Dyptique, Smog de Claire Barrabès et Pauline Collin, ou ADN de Sébastien Azzopardi. En y ajoutant la quête personnelle d’une jeune fille sur les traces de son père, nous voilà chez Alexis Michalik. Ce qui change un peu dans Écorces, polar forestier, c’est sa dimension écologique et sa pertinente réflexion sur l’état de nos forêts.
Promenons-nous dans les bois, tant qu’ils sont encore là
Un militant écologique a disparu. Enlèvement, meurtre, accident ? Les gendarmes sont sur le coup. Ils sont tellement caricaturés et maladroits qu’ils semblent tout droit sortis de The Loop. Cela permet néanmoins à Paul Delbreil de prouver son talent comique. La maréchaussée enquête auprès des différents organismes. Ceux qui détruisent et ceux qui sauvegardent le système écologique. Par ailleurs, Alba (émouvante Marie Demesy) vient de recevoir en héritage de son père des parcelles de forêts. La jeune femme doit résoudre les mystérieux messages qu’il y a parsemés. Elle découvrira l’histoire de sa famille. Au cœur des deux enquêtes, un sujet brûlant, l’état de nos forêts, ce poumon de notre planète que l’on asphyxie.
Alice Carré a repris tous les codes du polar, se promenant entre Twin Peaks et n’importe quel nanar télévisuel. Pour sa mise en scène, un espace vide et des éléments de décors qui surgissent, poussés par les artistes. Ceux-ci sont au nombre de six et ils interprètent les nombreux personnages de l’intrigue. Il y a de belles fulgurances et des petites trouvailles scéniques, mais on reste dans un domaine attendu. Si le spectacle mérite d’être resserré, le rythme est là, et il a l’avantage d’être très précis sur cette réelle menace. Celle de voir un jour disparaître nos bois et forêts, par la faute des humains.
Écorces, polar forestier, texte et mise en scène Alice Carré.
Théâtre de la Cité Internationale
Du 12 au 24 janvier 2026.
Durée 1h50.
Avec Yacine Aït Benhassi, Manon Combes, Paul Delbreil, Marie Demesy, Josué Ndofusu, Lymia Vitte.
Collaboration à la mise en scène : Pierre-Angelo Zavaglia
Composition musicale : Benjamin James Troll et Lymia Vitte.
Scénographie : Caroline Frachet
Lumières : Madeleine Campa
Costumes : Anaïs Heureaux
Vidéo : Victor Lepage
Complicité dramaturgique : Claire Barrabès
Conseil forestier : Association Recrue d’essences (Cunlhat, 63).
Stagiaires assistanat mise en scène Rose Étienne et costumes Olga Roubieu.