La vice-présidente théâtre de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatique, Panchika Velez, lance les festivités en rappelant le « plaisir » qu’a cette illustre maison, qui défend les auteurs et les autrices, d’accueillir ces prix « qui honorent le théâtre », depuis plus de cinquante ans.
A la mémoire d’un grand passionné du théâtre
Le Prix Plaisir du Théâtre a été créé en 1972 par Marcel Nahmias. Cet industriel français a décidé, avec son ami, le grand critique du Figaro Jean-Jacques Gautier, de créer un prix pour honorer un ou une artiste de la profession et de le faire perdurer après sa disparition. Le prix Plaisir du Théâtre récompense l’ensemble d’une carrière. Le Prix Jean-Jacques Gautier récompense les jeunes talents.
Présidé par Armelle Héliot, le jury, composé de journalistes et artistes, a décerné cette année les deux prix à Julien Gosselin et Lou Chauvain, qui succèdent à Jean-François Sivadier et Paul Platel.
Le Prix Jean-Jacques Gauthier

Avant de remettre le prix à Lou Chauvain, le comédien, pianiste fantaisiste et auteur Jean-Paul Farré rend un hommage à Valère Novarina, qui vient de disparaître. Puis, c’est tout heureux qu’il s’adresse à la jeune comédienne, avouant qu’elle a été choisie à l’unanimité. L’année 2025 lui a porté bonheur. Elle a présenté au Printemps des comédiens à Montpellier, puis au Théâtre du Train Bleu durant le Festival Off Avignon, son magnifique seule-en-scène, Sous les paupières. En septembre, elle était, avec Philippe Magnan, sur la scène du Petit Montparnasse, dans la très belle pièce d’Arnaud Bédouet, mise en scène par Catherine Schaub, Ailleurs / Après.
C’est avec une grande émotion que la jeune femme a pris la parole, avouant avoir « reçu ce prix comme un gros câlin ». Dans un très beau discours, la sensibilité à fleur de peau, elle a fait un état des lieux du métier, du plaisir découvert de l’écriture, et du « courage qu’il faut avoir pour exister ». « Le théâtre est l’art où on a le droit d’être comme on est. » Et c’est pour cela qu’elle met dans ses interprétations, « toutes les couleurs de son arc-en-ciel ».
Le Prix Plaisir
Avant de remettre le prix à Julien Gosselin, Philippe Chevilley prévient, avec une belle pointe d’humour, qu’il ne fera pas « un discours fleuve ». Et c’est de manière concise que le journaliste a retracé l’étonnant parcours de cet artiste qui, assumant ses contradictions, a toujours « refusé un théâtre classique tout en recourant à des formes académiques ». Il évoque surtout son dernier spectacle « galvanisant », Musée Duras. Le jeune directeur du Théâtre de l’Odéon, âgé de trente-huit ans, dans un discours très bref, se dit touché de recevoir ce prix du Plaisir du Théâtre. Lui qui a longtemps dit ne pas l’aimer, avoue aujourd’hui « avoir fini par croire que l’on fait un art très important ». Pour terminer, Julien Gosselin qui, par ses obligations, parcourt les théâtres d’Europe, souligne l’exception française et le devoir de la préserver.
La soirée s’est terminée chaleureusement autour d’un buffet. Allant de salle en salle, les convives, artistes, auteurs et journalistes, ont alors échangé sur ce qui nous relie tous : le plaisir du théâtre.