Cette part sombre est arrivée sans prévenir, se glissant petit à petit en elle, la fissurant de partout. « Je me suis brisée en mille morceaux. Mon cerveau a éclaté dans tous les sens. Mon corps aussi. […] Mais voilà ce que j’aimerais être : un bol brisé, réuni par de l’or. Que cette cassure devienne sublime. » Au-delà de la maladie, de la folie, rappelant nos fragilités, ce spectacle touche à l’universel.
La schizophrénie est, entre autres, une « discordance de la pensée, discordance de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur ». Dans un texte de toute beauté, adressé comme une confession, Maï David raconte son histoire, le manque de sommeil, les gens qui parlent dans sa tête, les résonances dans son travail, dans sa vie de femme et de mère, son hospitalisation à Sainte-Anne… Et le soubresaut qui la sauvera : « Mon Dieu, qu’est-ce que je fais là ? Ce n’est pas moi qui déconne. C’est l’extérieur qui m’envahit. »
La mise en scène de Gaëlle Héraut est très précise. Un espace vide, des jeux de lumières jouant sur les ombres, quelques accessoires suffisent à définir tous les espaces. Dans ce terrain de jeu, se glissant dans tous les personnages de son parcours, Maï David déploie son talent. Sa magnifique interprétation, toute en nuances de gris et de lumière, est bouleversante.
La part sombre de Maï David et Gaëlle Héraut
Théâtre de la Reine Blanche
Du 16 septembre au 9 octobre 2025
Durée 1h15.
Mise en scène et scénographie de Gaëlle Héraut
Avec Maï David et les voix de Rozenn Fournier, Camille Kerdellant, Alice Millet, Julie Moreau
Lumières de Nolwenn Delcamp-Risse.