Sur le plateau, un matelas, un désordre de vêtements et un mur de cubes blancs délimitent les contours d’une chambre. À jardin, le guitariste Léo Nivot se fait conteur de la tempête intérieure qui bouleverse Roméo dans ce huis clos adolescent. Entre deux scrolls et trois notifications, le jeune homme trompe son ennui en faisant quelques pompes ou en marchant de long en large. Chaque geste semble dicté par les émotions qui le submergent : quelques rotations rapides traduisent son excitation, une chute soudaine trahit sa peur.
L’aplomb et la fragilité d’un âge qui se cherche

Mettant à distance le personnage de Juliette, Marion Lévy se concentre sur l’état intérieur de ce Roméo de la Gen Z. Comment cohabiter avec un corps en transformation, traversé par des élans contradictoires ? La danse devient alors un véritable langage, qui fait écho aux mots de Mariette Navarro. « Sombre Roméo fait de sa chambre une carapace, une armure. Prière de ne pas venir frapper contre le métal de sa tenue de chevalier. » La gestuelle, tantôt explosive, tantôt dolente, révèle la confusion, la colère ou la mélancolie propres à l’adolescence.
Dans le rôle de Roméo, le jeune interprète formé au breakdance Maxime Calicharane a l’aplomb et la fragilité de cet âge qui se cherche. Il vacille, se recroqueville, puis s’élance dans des sauts énergiques. Ses gestes se mêlent à la musique et aux paroles. La chorégraphie raconte cet état de passage, l’intensité des sentiments naissants, la fragilité des rêves et l’urgence de savoir qui l’on est.
Roméo de Marion Lévy
Vu le 7 novembre 2025 au Carreau du Temple avec le Théâtre de la Ville-hors les murs.
Durée 45 mn
Tournée
Le 3 février 2026 au Théâtre des Quatre-Saisons de Gradignan (33) dans le cadre de POUCE ! le festival danse pour les jeunes du 25 janvier au 6 février 2026, en Nouvelle-Aquitaine
Chorégraphie de Marion Lévy
Avec Léo Nivot et Maxime Calicharane (danseur à la création Jonas Dô Hùu)
Texte et dramaturgie de Mariette Navarro
Musique de Léo Nivot
Lumière de Didier Martin
Costumes d’Hanna Sjödin
Régie son et vidéo de Rémi Le Taillandier